TROIS ANS, CETTE MAUDITE LUNE BLANCHE

TROIS ANS, CETTE MAUDITE LUNE BLANCHE

# Posté le jeudi 16 octobre 2008 07:11

RECIT DU 15 OCTOBRE 2005

RECIT DU 15 OCTOBRE 2005
Il y a trois ans, j'étais une maman comme les autres, j'étais comme tout le monde, Métro, boulot, dodo.

Et il y a eu cette sonnette à mon interphone, ton papa qui m'appel à 1 h 30 du matin et me demande de descendre tout de suite. Moi qui croyait t'avoir à l'nterphone pensant que tu avais encore une fois oublié tes clés

Je descend et dans le sas de sécurité de mon immeuble, je vois Sandra la petite copine de Guillaume (mon fils aîné) et Pierre (mon ex mari).

Ils m'apprennent que les garçons ont eu un accident et il faut aller aux urgences à l'hôpital de Chy.
Je commence à lui poser des questions et ils me disent qu'il faut se dépêcher. Je comprend à cet instant, que c'est grave, mais n'ose leur dire.

Je remonte m'habiller, je suis dans tous mes émois, je comprends, sans vouloir comprendre, et puis le doute..

Je redescend, les rejoints dans la voiture et le peu de parcours que nous avons eu de chez moi aux urgences il y a peut être 15 mn, personne de nous trois n'a parlé, dans ma tête je me disais nous allions arriver à l'hôpital, et ils se seront trompés ce ne sont pas mes enfants, je leur ai assez répété de ne pas faire les imbéciles, ca ne peut être eux.

On arrive enfin, et nous rentrons, et là je croyais qu'il n'y avait que mes enfants, mais non, il y avait plein de jeunes, assis sur des chaises tenant des serviettes soit sur la tête soit sur le menton, d'autres étaient sur des brancards.
UN CARNAGE, et je scrute le hall et je ne vois ni Guillaume, ni Sébastien.
Une infirmière s'avance, nous demande ce que nous voulons et je prend parole ; je dis on vient chercher Guillaume et Sébastien TRANCHET.
Le visage de l'infirmière change, elle nous dit qu'un médecin va venir nous voir, nous installe dans un boxe, et nous demande si nous voulons du café ou du thé, des petits gâteaux, je m'insurge en lui expliquant que je ne me suis pas levée à cette heure matinale pour boire le café.
J'ai compris bien plus tard qu'elle voulait m'apporter un peut de chaleur humaine

# Posté le jeudi 16 octobre 2008 08:16

Modifié le lundi 27 octobre 2008 08:58

SUITE DU 15 OCTOBRE 2005

SUITE DU 15 OCTOBRE 2005
L'infirmière sans va, nous nous regardons toujours sans parler, et le médecin arrive, nous lui demandons tout de suite des nouvelles de nos deux garçons.

Le médecin nous conseille de nous asseoir pour nous expliquer, je lui dis que nous préferons rester debout, il rajoute qu'il faut qu'on soit fort pour entendre ce qu'il va nous dire et je lui rétorque que je suis assez forte pour tout entendre, sauf que je ne savais pas.

Il commence par nous parler de Guillaume, nous dit qu'il a une fracture du bassin de multiples coupures, tadon d'achille, ématomes, et surtout très agité pour son frère. Ensuite je lui demande et Séb ??? Il nous dit que Sébastien est en coma glasgow 3, je lui rétorque OUI, COMA ET ALORS ????, il est en galsgow 3, très énervée je lui réponds, OUI on a bien compris mais il peut se réveiller (puisque dans les films, ils se réveillent)
il nous annonce que Sébastien s'en va, qu'il a très peu de temps à rester sur terre, et nous demande si nous avons d'autres enfants nous lui répondons oui une fille. Alors prévenez la vite.

# Posté le jeudi 16 octobre 2008 08:25

Modifié le mardi 21 octobre 2008 16:38

LE COMBAT

On demande au médecin si on peut les voir ? Il nous demande lequel nous voulons voir en premier, comme si on peut choisir lequel de nos enfants nous voulons voir en premier !
Je pensais qu'il était tous les deux dans la même chambre, mais la réalité en était bien loin.
Au moment ou nous posions d'autres questions, Sébastien demandait encore l'intervention du neurologue, donc nous avons été conduit dans le boxe des urgences auprès de Guillaume, et au moment ou l'infirmière nous fait rentré dans sa chambre, mon fils était étendu sur son lit, et à notre arrivée la première chose qu'il nous a dit; c'est : on a rien fait elle sait jeter contre nous !!!

Sur le choc, on n'avait même pas penser poser les questions OU QUAND COMMENT ?????

Mais là, est ce que c'était important, NON. L'importance était le désarois de mon grand, qui avait subit cet accident et qui s'inquiétait pour son petit frère. Car lui savait mieux que nous, il avait tout vu et tout ressenti.

On lui explique, que pour Sébastien c'est très grave, et qu'on attend pour allez le voir, il nous rétorque, "prenez moi pas pour un con , j'ai vu le sang sortir de sa bouche". à ce même moment, une infirmière vient nous chercher, et nous disons à Guillaume qu'on l'aime et que nous allons voir son jeune frère, il est agité, il ne veut pas être soigner tant qu'il sera pas pour Séb. Je lui promet de tout lui dire et que je ne le prendrais jamais pour un con !!
Et nous suivons l'infirmière, ce grand couloir des urgences avec tous ces boxes, et au fond une grande porte rouge, pareil aux feuilletons, qui s'ouvrent d'un coup sans toucher les mains, mais c'est pas un film, pas un feuilleton, c'est la vie de mon blondinet, notre famille.
Et là le choc, mon grand étendu, branché, il l'avait recousu en haut de son sourcil sur sa joue gauche, son oeil est bleu, comme un grand coup qu'il aurait reçu.
Le Neurologue est la, près de lui, je lui demande si je peux lui parler, et il me répond que Sébastien est dans un coma et qu'il ne peut m'entendre, et je lui dis que moi, sa maman, il m'entendra, je lui demande si je peux le toucher, il me répond OUI, donc je m'avance près de mon fils, et je le regarde mes larmes coulent, et je m'approche de son oreil, et lui murmure ces mots :
Tu es un petit con, il faut que tu te battes, je t'ai mis au monde pas pour te voir mourir, alors si tu te bats, je me bats avec toi.
Et je l'ai embrassé. Son papa était la aussi près de lui, et comme lui je me demandais ce que l'on faisait dans cet horrible cauchemar.
Qu'est ce qu'ils avaient fait pour mériter un tel cauchemar !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

# Posté le jeudi 16 octobre 2008 09:13

Modifié le lundi 27 octobre 2008 08:57

LE TERRIBLE COMBAT

Le neurologue, nous demande de nous retirer, pour qu'il puisse intervenir auprès de Sébastien, car son état était très préocupant.
Nous lui expliquons au médecin que nous voulons rester près de lui, il nous dit que dès qu'il pourrait, viendrait nous chercher dans la chambre de Guillaume.
Ce médecin de nuit a été formidable avec nous, vivant notre déchirure et faisant au mieux pour nos fils.

Nous retournons dans la chambre de Guillaume, il était avec Sandra, nous essayons de lui dire la vérité, mais un peu arrangé, mais notre fils a eu la phrase que nous avions peur de lui dire.
A partir de ce jour là mon Guillaume n'a plus été le même, une partie de lui était avec son frère.
IL a pleuré, nous avons pleuré et Pierre, son papa est parti cherché sa grande soeur.
Et moi, j'étais là, sans être là, j'assumais, mais j'essayais de me blinder, car mes trois enfants avaient besoins de nous, et nous d'eux. QUEL COMBAT !!!!

Sandrine est arrivée et tout c'est enchainé, des coups de téléphone à notre famille proches, nos amis nous appelaient car un article dans le journal le lendemain relaté l'accident.
Et les amis de Sébastien qui n'arrêtaient pas de laisser des SMS.
On répondait, on était là mais ailleurs en même temps, seul les parents ayant vécu ce que nous avons vécu comprendront mes dires.
Alors que tout était catastrophique, Sébastien se battait comme un lion (son signe astrologique), le neurologue nous annonce, que l'état de notre enfant est stationnaire dans le critique, il préfère le transferer dans le service de réanimation. Un espoir renaît !
Il nous explique que pour le transfert c'est très compliqué, car Sébastien a de multiples blessures, poumon perforé, colonne vétébrale, la rate, ect ... Il faut être très prudent.
Pour nous l'essentiel est la VIE. Donc on peut attendre.
Pendant ce temps là, une autre infirmière nous annonce que Guillaume va être transferer en chirurgie, et de l'accompagner, nous remontons donc au 3ème étage de l'hôpital.
Guillaume veut des nouvelles de son frère, et nous explique je ne sais combien de fois, comment c'est produit l'accident et nous demande du papier.
On sent qu'il veut extérioriser l'image de cette nuit, à chaque coup de téléphone on sursautte, on a peur.
On décrette entre nous de faire un relais, les deux garçons ne doivent pas être tout seul, donc on commence à faire un roulement et cela pendant les 32 jours d'agonie de Sébastien.

# Posté le jeudi 16 octobre 2008 09:31